Texte de Marika Prévosto

Vous pouvez vous interroger sur ce visuel où des formes étranges font écran au paysage urbain. Il s'agit de l'insertion dans certaines vitrines des Galeries Lafayette, rue de la Chaussée d'Antin à Paris, d'installations de Michel Blazy, avec le reflet de la rue elle-même. Les installations font partie de l'exposition Antidote 4 qui a lieu encore jusqu'au 10 janvier 2009 pour l'essentiel dans la Galerie des Galeries, située au 1er étage du magasin, à proximité des stands haute couture. Mais l'information concernant les vitrines visibles en extérieur n'est pas clairement diffusée lorsqu'on visite l'exposition principale où la double installation Pluie d'air / Spirogyres est aussi présentée à proximité d'oeuvres d'autres artistes.

Actuellement, toutes les vitrines du magasin sont occultées, sauf précisément celles consacrées aux installations de Michel Blazy. Le lieu où elles se trouvent est particulier, avec un trottoir perpétuellement envahi par les passagers de cars de touristes s'en déversant ou les attendant. Lieu étrange, différent du reste de la rue peuplé de boutiques. Les photographies étant interdites au premier étage, celles présentées ici ne le sont pas, car personne ne surveille, hormis l'artiste qui vient entretenir ses plantes, l'évolution et le succès médiatique des installations. Les photographies 1 et 2 en montrent en fait deux, car la nouvelle création in situ conçue pour le célèbre magasin est Pluie d'air et cohabite avec Spirogyres (voir plus bas). Aussi jolies qu'elles paraissent, moirées et nacrées, les bulles d'air suspendues dans l'installation évoquent la pollution, tel un nuage de pluie qui aurait capté l'air de la ville et ses fumées nocives. D'où la restitution photographique de la ville, de jour, dans toute sa réactivité, en filigrane de l'installation.

L'artiste Michel Blazy a réalisé chaque bulle selon le même procédé: poser avec un pistolet à colle une goutte de colle chaude au bout d'une paille et souffler dedans. Une bulle se forme, se décroche puis se solidifie dans la chute. Le résultat est aussi esthétique qu'éprouvant quand on imagine ce qui se produit à l'intérieur de notre corps lors du passage des produits polluants... car peu de ces gouttes sont claires et jamais transparentes.

On peut imaginer que l'artiste a produit ces bulles soit directement à proximité du magasin, soit à son domicile, pas très loin du nôtre, qui comporte un vaste laboratoire depuis de nombreuses années. Cette installation est associée à une autre, plus ancienne, baptisée Spirogyres (1997, coton, lentilles, colle thermofusible noire) - Courtesy Galerie Art:Concept, Paris, et crée l'environnement aléatoire de pousse des graines confrontées à l'environnement pollué...

Michel Blazy est l'un des premiers artistes dont j'ai suivi le travail et que j'ai rencontré, sortie un peu frustrée de mes études tardives en arts plastiques avant de découvrir la thématique que je continue d'explorer jour après jour infatigablement, désormais avec les visiteurs d'ArtCatalyse. Dans la simplicité d'un pavillon de banlieue, il est inlassable dans ses cultures organiques, pas si éphémères que ça... Quelques exemples ci-dessous de "natures mortes" (pas si sûr) visibles dans d'autres petites vitrines de la rue de la Chaussée d'Antin: Nature molle ( 2005, agar-agar, bois, colle à papier peint, fruits et légumes. Edition de 8. Courtesy Galerie Art:Concept, Paris). Dans une grande vitrine de proximité, est installée également la Collection d'avocats (appellation interprétative...)  sur fond de néons violets (1997-2008, Courtesy galerie Art:Concept) que l'artiste a souhaité entretenir tout au long de la durée de l'exposition... 





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  Michel Blazy, invité d’Antidote 4
  Vitrines des galeries Lafayette, Paris
  05.10.2008 - 10.01.2009

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Michel Blazy, inivité d'Antidote 4

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