Laurence Bonvin, On the Edges
  CPIF, Pontault-Combault
  20.01- 07.03.2010

© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2012. Tous droits réservés

Laurence Bonvin, On the Edges

Archives expositions personnelles France

Texte de présentation de l’exposition à La porcherie

Pour sa première exposition personnelle en France, Laurence Bonvin présente plusieurs séries de photographies récentes qui, dans un style documentaire, rendent compte de la transformation du paysage urbain et des modes de vie dans et autour de métropoles comme Berlin, Istanbul ou Johannesburg.

La série Freizeit - littéralement "temps libre" - s'intéresse à la relation entre les monuments de l'ancien Berlin-Est et les activités qui s'y déroulent. Les espaces vacants autour des formes massives qui portent le devoir de mémoire sont ici investis par des scènes du quotidien. Des jeunes s'y rencontrent, d'autres y font du skate, d'autres encore s'y embrassent ou s'y prélassent... Drôle de paradoxe où la banalité du quotidien prend le pas sur le poids de l'histoire, relèguant Marx et Engels à une attraction pour touristes.

La série On the Edges of Paradise, réalisée à la périphérie d'Istanbul, témoigne de la globalisation du phénomène des "gated communities". En déjouant les systèmes de sécurité ou encore en se faisant passer pour acquéreuse, Laurence Bonvin infiltre ces places fortes d'un nouveau genre et en construit une représentation, à la croisée de l'enquête et de l'essai photographique, qui révèle l'incursion dans le réel de ces espaces pensées avant tout pour correspondre aux images des catalogues de vente.

Ces résidences fermées, sécurisées, bordées de jardins harmonieux apparaissent ici comme une vaine tentative de matérialisation du jardin d'Eden. L'aseptisation, l'uniformisation et l'artificialité des ensembles, soulignées par une composition rigoureuse, confèrent à ces habitations des allures de décor de cinéma, dont le calme est parfois troublé par l'incongruité d'infimes événements. D'ailleurs, la figure humaine qui pénètre parfois le cadre de l'image ne semble pas y avoir sa place et perturbe l'ordre de ces espaces qui lui sont pourtant destinés. La vie quotidienne semble ici "suspendue dans une fiction" et se calque sur des images et des modèles préfabriqués, "dépaysés", qui contrastent avec l'idée d'une Istanbul cosmopolite.

L'exposition intègre également des images inédites produites à l'occasion de la résidence de Laurence Bonvin en Afrique du Sud. L'artiste y a notamment exploré dans les marges de Johannesburg les espaces intermédiaires et les no man's land en mutation, résidus de la planification urbaine de l'Apartheid.






Exposition du 20 janvier au 7 mars 2010. Centre photographique d'Ile-de-France, 107 avenue de la République - 77340 Pontault-Combault. Tél.: +33 (0)1 70 05 49 82. Ouverture du mercredi au vendredi de 10h à 18h, samedi et dimanche de 14h à 18h. Entrée libre.


Laurence Bonvin, Le mur sur Spreeufer, Mülen Strasse, Friedrichshain, Berlin 2007, de la série Freizeit

Laurence Bonvin, Le mur sur Spreeufer, Mülen Strasse, Friedrichshain, Berlin 2007, de la série Freizeit

Laurence Bonvin,Bahcesehir, Istanbul, 2005, de la série On the Edges of Paradises

Laurence Bonvin,Bahcesehir, Istanbul, 2005, de la série On the Edges of Paradises

Archives expositions personnelles (B)