Archives expositions personnelles France

Archives expositions personnelles (B)

Celeste, une performance de Hicham Berrada
Co production Hicham Berrada et Villa Medici teatro delle esposizioni #5
Photographie: Amandine Bajou
Performers: Simon de Dreuille, Emmanuel Carlier, Sebastian Rivas


Celeste, une performance de Hicham Berrada Co production Hicham Berrada et Villa Medici teatro delle esposizioni #5 Photographie: Amandine Bajou Performers: Simon de Dreuille, Emmanuel Carlier, Sebastian Rivas

  Hicham Berrada, Paysages a circadiens
  Galerie Kamel Mennour, Paris

  27.03 - 13.05.2015

Communiqué de presse


« Je pars du principe que tout existe dans la nature et que nous sommes en elle. » Hicham Berrada


Pour sa première exposition à la galerie Kamel Mennour, Hicham Berrada transforme l'espace en un paysage sensoriel. Les sons, l'humidité, la température, la lumière et l'obscurité, la lumière et l’obscurité, les images et les senteurs florales apparaissent et dérobent, s’estompent et se propagent, plongeant le visiteur dans une expérience unique. Cet environnement inscrit au croisement de la science et de la poésie, de l'intuition et de la connaissance, est basé sur un mécanisme temporel inversé: l'artiste a imaginé une chorégraphie habile qui bouleverse les conditions climatiques et le rythme circadien des plantes, en créant deux paysages, Azur et Mesk-ellil, qui inventent de nouvelles formes de vie pour les plantes et les minéraux.
























































.
















 







Exposition du 27 mars au 13 mai 2015. Galerie Kamel Mennour, 6 rue du Pont de Lodi - 75006 Paris. Tél.: +33 (0)1 56 24 03 63. Ouverture du mardi au samedi de 11h à 19h.






Pascal Broccolichi, Seconde-lumière, La Maréchalerie, Versailles

© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2015. Tous droits réservés

Hicham Berrada met en scène dans sa pratique des changements et des métamorphoses activées chimiquement; ce faisant, il invite le visiteur à découvrir les énergies et les forces originales émanant de la matière qu'il utilise. A la villa Médicis (2013-2014), il continue ses recherches filmées sur la matière et crée des morceaux de paysage en activant les minerais contenus dans différentes terres. En témoigne Azur, suite de toiles baignées de cobalt qui explore le changement d'état de ce minerai. Envahi par la chaleur et l'humidité, le cobalt se transforme en matière vibrante. Dans ce moment extraordinaire de métamorphose picturale, d'un état de la matière vers un autre, un ciel pur et grand s'élève progressivement à la surface de la toile. Or, ce paysage aérien s'envole ou se fixe au gré de la température. Chaud, l'azur se répand. Froid, il se dissout dans la lumière du ciel.


De l'azur à la lumière, cette partition en deux temps, qui se déplace de tableau en tableau, selon des séquences temporelles courtes et précises, évoque la course du soleil vers d'autres rives. Cette rêverie azurée réunit donc le minerai à la lumière, la terre au ciel. Substance terrestre, le minerai devient, ici, un astre inversé. «Une lumière de la terre». Cette correspondance n'est pourtant pas symbolique; elle témoigne de la richesse de ce monde enfoui dans le secret de la terre, de ce «travail énergique des dures matières» qui s'anime, selon Gaston Bachelard, de «beautés promises» (Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté, Paris, Librairie José Corti, [1948] 2004, p. 13).


Face à cette unité mystérieuse de la matière avec le ciel, Hicham Berrada nous invite, en bas, à une rêverie des essences. Il dessine, dans une lumière bleue, un jardin plongé dans le clair-obscur, dans ce moment où la nature s'offre dans la pénombre et dégage en secret ses parfums subtils. Ce théâtre botanique - où rêve et réalité, nature et artifice se mêlent - prend la forme d'un pavillon de verre avec des allées de mesk-ellil (parfum nocturne ou nuit de musc). Cette fleur délicate et précieuse – cette étoile à cinq pétales - affiche sa beauté blanche dans la journée. La nuit, dans le bleu du soir, elle s’ouvre, se redresse, et émet son ester. Sensuel et doux, piquant et enchanteur, son parfum nous parle toute la nuit. L’oeuvre invite ainsi les visiteurs à prendre le chemin à partir duquel émane le parfum. L'artiste manipule lyriquement les paramètres climatiques et le rythme circadien pour créer cet environnement : dans la journée, une obscurité artificielle tombe sur la petite biosphère; dans la soirée, l'éclairage horticole fournit aux plantes l'éclairage nécessaire. Ainsi, ce jardin avec son petit ruisseau est enfermé dans son propre monde. Véritable usine à rêve, cette transfiguration du jour à la nuit, la vie inversée de ces fleurs, et la profusion de parfums éveillent les sens et affects des visiteurs et le transportent dans un ailleurs.


Poétique et illusoire, cette petite parcelle d'un monde constitue un écosystème clos avec Azur. En effet, chacun contribue à constituer l'autre. L'humidité émanant des plantes en-dessous agit sur l'environnement d'Azur et la chaleur provenant partir des toiles au-dessus affecte le jardin à son tour. Cette exposition divisée en scènes successives de fertilisation réciproque invite les visiteurs à entreprendre un voyage poétique dans le temps et l'espace, dans un monde à la fois vivant et inerte, dans des sites inconnus où la nature, la matière et la création se rencontrent.