Archives expositions personnelles France

Extraits du dossier de presse


Avec cette exposition, le centre d'art contemporain des Adhémar propose la redécouverte d'un artiste majeur dans le détournement de lieux. Guillaume Bijl se joue des clichés. Pointant du doigt la dimension politico-économique inhérente à l'art actuel dans sa valeur marchande liée à des quotas de rentabilité, il devient détracteur du système à l'aide d'interventions et d'oeuvres mais surtout d'un discours sous-jacent de douce résistance. Sur un ton léger mais convaincu, il marque la scène de l'art ou peut-être se situe-t-il dans l'art de la scène...












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Guillaume Bijl crée des installations spectaculaires qui dénoncent de manière sarcastique le monde de l'art et son économie. Il a développé un propos engagé autour de l'absurde, du tragicomique, en s'appropriant des sites artistiques qu'il détourne à des fins utilitaires. Questionnant la rentabilité de l'art nécessaire à sa survie, il investit depuis la fin des années 1970 les lieux d'exposition (centres d'art, musées, galeries...) où il reconstitue minutieusement des espaces sociaux et commerciaux de la société marchande (clinique psychiatrique, casino, gymnase, magasin de vêtements ou de luminaires, plateau de télévision, laverie automatique, salon de coiffure, friterie, supermarché, abri anti-atomique, salle de billard) ayant débuté en avril 1979 avec une auto-école installée dans la galerie Ruimte à Anvers.

S'adaptant à l'aire dans laquelle il intervient, Guillaume Bijl crée ces simulacres qu'il conçoit comme le décor de son temps et explore les limites entre l'art et la réalité sociale en puisant son inspiration dans le quotidien proche. Les éléments banals, souvent triviaux, sont un point de départ pour son oeuvre. L'artiste construit la réalité avec ses propres moyens et éclaire de cette manière plusieurs processus sociaux à la lumière de la routine. Détournant le réel, jouant avec les objets dans la veine d'un Marcel Duchamp, il développe un univers parfaitement organisé: il y a les installations de transformation où l'espace mue ("une réalité dans une autre réalité"); les installations de situation où l'événementiel résonne en décalage au sein d'un espace; les compositions trouvées dites "natures mortes archéologiques contemporaines"; et les "sorry installations"; exemples d'assemblages incohérents d'objets existants relevant d'une "extension poétique absurde" de son oeuvre. Le tout confine vers la fabrication d'un "cabinet de curiosités" du XXIème siècle.

"Guillaume Bijl ne crée pas l'illusion d'une réalité, mais rend manifeste le caractère illusoire de la réalité."

Dans le site historique à vocation culturelle du château des Adhémar, Guillaume Bijl "plante le décor". Théâtralisant le réel, Guillaume Bijl investit chaque espace avec des mises en scène révélatrices d'un fonctionnalisme poussé à son paroxysme. Inoculant de l'irréel avec des images trompeuses, des personnages téléportés; des histoires inventées, il propose des saynètes à l'échelle du lieu. The concise history of prehistoric man, Lederhosen museum ou Dino Eggs offrent une immersion dans des moments historiques : de la découverte du feu à la sacralisation du folklore autrichien, du kitsch à la sculpture antique. La Sorry installation présentée dans la chapelle du centre d'art est une production du centre d'art Château des Adhémar. Introduisant des objets réels dans des situations créées de toutes pièces, l'artiste mène en bateau le visiteur dans une dimension nouvelle mais ancrée dans une ère résolument contemporaine: celle d'un discours fort à la fois critique et comique.


  Guillaume Bijl

  Château des Adhémar - Montélimar

  06.07 - 06.10.2013

Exposition du 6 juillet au 6 octobre 2013. Château des Adhémar - centre d’art contemporain, 24 rue du Château - 26200 Montélimar. Tél.: +33 (0)4 75 00 62 30. Ouverture en juillet et août tous les jours de 10h à 18h, en septembre et octobre, tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h.

Guillaume Bijl, Château des Adhémar - Montélimar

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