Gilles Bruni, intervention paysagère
  Friche Carbolux
  2007 - 2008

Communiqué de presse

Gilles Bruni est à la fois artiste, paysagiste, architecte et photographe. Ces multiples capacités lui permettent de porter des dossiers "lourds", loin des galeries et manifestations publiques, utilisant ses talents dans des objectifs caractérisés par leur écologie et économie de moyens.


Gilles Bruni a été invité pour une résidence d'artiste par Artois Comm pour un travail sur la friche Carbolux.

Années 2007 - 2008


Gilles Bruni a été invité pour une résidence d'artiste par Artois Comm. En quelques mots:


Lieu: friche industrielle de Carbolux sise sur l'ancien emplacement des bassins de décantation et des stockages des goudrons et autres sous-produits de la cockerie, commune de Gosnay, site d'Artois Comm. dit de la Chartreuse, près de Béthune, Pas-de-Calais


Matériaux: cassons de la déchetterie de Béthune, via la sablière STB située en face du site de la Chartreuse; bois mort (arbustes et branches) de la plantation d'EPF sur le terril plat; gaines de protection lapins et chevreuils sur ladite plantation; bouteilles abandonnées dans ladite plantation


Plantation:


Dimensions du site géré par Gilles Bruni: environ 300 x 300 m - Coulée d'environ 163 mètres de long et entre 2 et 43 mètres de large.


Dispositif année 1 (2007)
Une coulée végétale recouverte de bois mort, de gaines de protections lapins et chevreuil, de bouteilles abandonnées et de cassons de brique et béton dans l'axe ouest-est de la friche Carbolux, entre Emmaüs Artois et l'ancienne Chartreuse des femmes de Gosnay.


Dispositif année 2 (2008)
La poursuite de l'installation avec les végétaux et les cassons, avec également la mise en place de huit nouvelles branches.
Une exposition temporaire au rez-de-chaussée de la Porterie de l'ancienne cité du Château des Dames, reprenant l'exposition antérieure augmentée de nouveaux documents; une performance poétique de Nathalie Blanc; une installation sonore d'Amaury Bourget, un montage photographique de Mehdi Hanai. Mise en lumière de l'installation paysagère au moyen de lampes solaires, objectif: révéler des zones possibles de pollution subsistantes après la dépollution générale de la friche Carbolux.







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Gilles Bruni, intervention paysagère à la friche Carbolux

Archives expositions personnelles France

Extraits du texte de Anne Giraud à l'occasion des récentes Journées européennes du Patrimoine version 2008, placées sous le thème Patrimoine et création


Depuis 2007, à l'invitation de la Communauté d'agglomération Artois Comm., Gilles Bruni s'investit dans une démarche artistique interprétative menée sur le territoire de l'ancienne friche industrielle Carbolux. Inscrite dans un vaste programme de réhabilitation et de requalification du site en déshérence, la présence de l'artiste oouvre la voie à une nouvelle occupation des sols. En éclaireur avisé, Gilles Bruni inaugure une exploration respectueuse des lieux qui s'établit sur la compréhension de l'histoire intime du site et aboutit à une proposition plastique énergisante. Organisées autour de recherches géologiques, anthropologiques et techniques, les prospections éparses de l'artiste, relayées par des partenaires associatifs, professionnels ou amateurs, lui permettent de fédérer progressivement une flotte d'interventions homogènes qui donnera forme à l'oeuvre d'art.


L'installation, déployée sur le sol de l'ancienne cokerie, aujourd'hui dépollué, fonctionne comme un réseau hydrographique enrichi de déchets avoisinants. L'aspect inhospitalier du site, déserté et enclavé, résultat d'une activité industrielle interrompue et partiellement requalifiée, le maintient dans une forme peu attractive et à plusieurs égards hostile. Le lit de la friche, esquivé par la plupart des pratiquants, devient l'axe sur lequel l'artiste intervient et revendique un droit d'ingérence.


Cette recolonisation végétale choisit de drainer un lot de matériaux autochtones et indigènes en emportant dans ses filets bienfaiteurs quelques éléments nocifs, résidus d'activités polluantes. Ainsi, le nombre et la croissance des 850 arbustes plantés, leurs tuteurs et gaines de protection, le rapatriement de nombreux cassons, bouteilles vagabondes et l'accumulation d'entrelacs de branchages, tout concourt à imposer progressivement la présence physique de l'oeuvre. Consolidée à la base par des piètements minervaux, l'installation se fortifie et résiste aux attaques du milieu. Elle s'étoffe puis se redresse comme on relève la tête après la résilience. ce mouvement, fondu dans un processus global de recyclage, assainit et adoucit la friche Carbolux, traumatisée sur le plan de l'écologie et de la mémoire collective.


Lors du week-end des Journées internationales du Patrimoine, "régénérée de l'intérieur, la friche a retrouvé ainsi les prémisses d'une affectation saine, assumée et confiante, un peu à l'image de la constellation féerique produite par la floraison nocturne des 150 lampes solaires citées plus haut. "A la veille de l'équinoxe d'automne, cet ultime rééquilibrage énergétique fonctionne comme une métaphore possible du renouveau, une sorte d'allumage des feux, célébré à la Fête de la Chartreuse des Dames."


Archives expositions personnelles (B)